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par Diana Mandia
Les principales Bourses européennes sont attendues en hausse mercredi à l'ouverture, les déclarations de plusieurs responsables de la politique monétaire, plus souples que prévu, ayant contribué à apaiser le marché obligataire qui a toutefois connu l'un de ses pires mois de ces dernières années dans un contexte de craintes inflationnistes et budgétaires.
D'après les premières indications disponibles, le CAC 40 parisien pourrait gagner 0,48% à l'ouverture.
Les contrats à terme signalent une hausse de 0,61% pour le Dax à Francfort, de 0,64% pour le FTSE à Londres et de 0,63% pour le Stoxx 600.
Les Bourses européennes devraient entamer la dernière séance du mois et du troisième trimestre en territoire positif, les investisseurs ayant retrouvé une certaine confiance grâce à une série de déclarations faites ces dernières heures par plusieurs responsables de la Réserve fédérale (Fed) et de la Banque centrale européenne (BCE).
Le président de la Fed de New York, John Williams, a déclaré mardi que la banque centrale américaine avait le temps d'analyser les données économiques avant de décider du moment d'une nouvelle hausse des taux d'intérêt.
"Compte tenu des mesures que nous avons prises lors de notre réunion de septembre, il n'y a pas lieu de se précipiter", a-t-il dit lors d'un discours prononcé à l'université de Buffalo, dans l'État de New York.
Les opérateurs ont quelque peu revu leurs paris à la baisse à la suite de ces déclarations et estiment désormais que les chances d'un statu quo en octobre sont à peu près équivalentes à celles d'une hausse des taux, alors que le scénario d'un nouveau resserrement représentait 70% auparavant.
Dans la zone euro, Peter Kazimir, membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, a dit mardi que l'institution avait le temps de faire preuve de souplesse, faisant ainsi écho aux propos de Christine Lagarde la veille, qui a préconisé une réponse mesurée comme étant la plus appropriée pour contenir la hausse des prix.
Les prix du pétrole se sont en outre quelque peu stabilisés avec des livraisons supplémentaires signalées en provenance du Moyen-Orient, même si le président américain Donald Trump a nié être disposé à assouplir les sanctions contre l'Iran.
Cependant, le mois de septembre qui touche à sa fin, restera marqué par l'une des vagues de ventes d'obligations les plus intenses de ces dernières années, alimentée surtout par les craintes d'inflation liées au conflit au Moyen-Orient et au niveau élevé de la dette des principales économies.
Le cas américain est éloquent : le rendement des bons du Trésor à 30 ans a atteint mardi un record depuis 2002, tandis que celui des bons à 10 ans a connu un pic depuis juin 2007.
La séance sera par ailleurs riche en indicateurs économiques, les investisseurs attendant des données d'inflation en France, en Allemagne et aux États-Unis, pour n'en citer que quelques-uns. Un autre temps fort de la semaine aura lieu vendredi, avec la publication du rapport mensuel sur l'emploi américain. Tout cela pourrait amener les opérateurs à revoir une nouvelle fois leurs prévisions concernant les taux et avoir à nouveau un impact tant sur les actions que sur le marché obligataire.
L'intelligence artificielle (IA) reste par ailleurs un autre élément essentiel pour la confiance du marché, à la faveur de l'élan d'optimisme autour de l'introduction en Bourse de la start-up américaine Anthropic, qui se reflète mercredi sur les marchés asiatiques.
LES VALEURS A SUIVRE :
A WALL STREET
La Bourse de New York a fini en légère baisse mardi, alors que les obligations à maturité longue ont continué de grimper avant la publication de données sur l'inflation et le marché du travail aux Etats-Unis.
L'indice Dow Jones a cédé 0,26%, le S&P-500, plus large, a perdu 0,17%, et le Nasdaq Composite a reculé de son côté de 0,08%.
EN ASIE
L'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo prend 2,15% mercredi, les actions du secteur des semi-conducteurs bénéficiant de l'enthousiasme autour de l'IA.
En Chine, les Bourses avancent après les données sur l'activité manufacturière même si elles restent près de leurs plus bas niveaux depuis un an, le dernier train de mesures de soutien fragmentaires annoncé par Pékin ayant déçu des investisseurs.
L'indice CSI 300 des grandes capitalisations gagne 0,4% et le SSE Composite de Shanghaï avance de 0,43%.
La Bourse de Hong Kong cède 0,02%.
L'activité manufacturière en Chine a renoué avec la croissance au mois de septembre, montre une enquête officielle publiée mercredi, la reprise des opérations dans les usines et le boom de l'IA ayant soutenu le secteur industriel.
TAUX / CHANGES
Le rendement des Treasuries à dix ans perd 2,5 points de base à 5,2300%, après avoir augmenté de 81 points de base au cours du trimestre, sa plus forte hausse depuis 2022, tandis que celui du titre à deux ans est quasi inchangé à 4,8828%.
Au Japon, les tensions sur le marché obligataire sont également très nettes, le rendement de l'obligation japonaise à 10 ans ayant progressé de 42 points de base au cours du trimestre, soit sa plus forte hausse depuis plus de deux décennies.
Dans la zone euro, les investisseurs suivent de près la situation des finances publiques françaises à la veille de la présentation du projet de budget pour 2027.
La deuxième économie de la zone euro va vendre un volume record d'obligations aux investisseurs l'année prochaine, le pays devant notamment faire face à une forte hausse de titres de dette, émises pendant la pandémie du COVID-19, arrivant à échéance et devant être refinancés, a annoncé mardi l'Agence France Trésor (AFT), chargée de la gestion de la dette publique.
Sur le marché des changes, le dollar reste près de son plus haut niveau de l'année face à l'euro et s'apprête à enregistrer sa plus forte hausse mensuelle face à la devise européenne depuis 14 mois, porté par la croissance américaine et la hausse des rendements.
Le billet vert est stable (-0,01%) mercredi face à un panier de devises de référence, tout comme l'euro, qui ressort à 1,1339 dollar.
PÉTROLE
Le Brent prend 0,49% à 103,09 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) gagne 0,18% à 89,54 dollars.
Sur le mois, le Brent se dirige vers une flambée de 14%, la plus forte depuis fin juillet, tandis qu'il aura grimpé de plus de 40% sur le trimestre.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 30 SEPTEMBRE:
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
DE 06h00 Ventes au détail août +1,5% -3,4%
- sur un an +0,1% -2,5%
GB 06h00 PIB (définitif) T2 +0,4% +0,4%
- sur un an +1,2% +1,2%
FR 06h45 Prix à la production août n.d. +1,1%
- sur un an n.d. +3,4%
FR 06h45 Prix à la consommation IPCH septembre -0,5% +0,7%
(flash)
- sur un an +3,1% +2,6%
FR 06h45 Dépenses de consommation des août +0,0% +0,5%
ménages
DE 07h55 Taux de chômage septembre 6,4% 6,4%
DE 12h00 Prix à la consommation IPCH septembre +0,5% +0,2%
(flash)
- sur un an +3,2% +2,9%
USA 12h15 Enquête ADP septembre 70.000 38.000
USA 12h30 Inflation PCE août +0,4% +0,2%
- sur un an +3,7% +3,7%
USA 12h30 Dépenses de consommation des août n.d. +0,0%
ménages
USA 12h30 Produit intérieur brut T2 +1,5% +1,5%*
(définitif)
*estimation précédente
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)

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